03.04.2006
La lettre à François Fillon, à lire, faire lire, télécharger, imprimer, diffuser...
"Monsieur François Fillon,
En mars 2004, vous avez été nommé Ministre de l'Education Nationale. A la rentrée scolaire suivante (2004-2005), des milliers de professeurs non-titulaires de l'Education Nationale ont attendu un coup de fil du rectorat qui les employait afin de connaître leur nouvelle affectation. Ce coup de fil ne sonna jamais. Ils ont attendu, rempli leur dossier pour l'allocation chômage, attendu trois mois avant de recevoir leur première indemnisation. Les rectorats ne leur adressèrent, ni un «préavis de licenciement», ni une lettre de justification par laquelle ils se seraient expliqués quant au non-réemploi, n'ont fait aucune proposition concernant une formation, reclassement... En fait, avec les rectorats qui ont employé ces professeurs pendant, trois, cinq, dix ans, il n'y a eu, jusqu'à ce jour, aucune relation. Imagine t-on aujourd'hui, en France, qu'un employeur puisse «oublier» un employé, qu'il a néanmoins licencié, viré, qu'un employeur fasse comme si l'employé n'existait pas, en ne répondant pas à ses lettres ? C'est pourtant ce que les rectorats ont fait et font depuis maintenant deux ans. Deux ans, de silence, de déni, de mépris.
Pourquoi les rectorats qui, dans chaque académie, représentent le Ministère de l'Education Nationale, ont-ils, d'une année sur l'autre (de 2003 à 2004) annulé le recrutement de ces professeurs employés depuis tant d'années ? Dans tous les rectorats, (...) "
La lettre : format Word lettreafrancoisfillon.doc ou format PDF lettreafrancoisfillon.pdf
Le Tract d'information tractfrancoisfillon.pdf ou tractfrancoisfillon.doc



Commentaires
Monsieur François Fillon,
J'ai été professeur contractuel à l'année de septembre 1998 au 31 août 2005. J'ai été membre de jury du bac en juillet 2005 et début juillet 2005, j'ai renouvelé mes voeux sans opposition du chef d'établissement où j'exerçais. Sans préavis, je me retrouve au chômage au 1er septembre 2005 et sans ressource pendant trois mois, je n'ai pas pu bénéficier d'une aide à la préparation du Capet interne car le Rectorat de mon académie ne l'a pas mis en place. En l'absence de convention Assedic-Rectorat, je ne bénéficie d'aucune aide de l'ANPE si ce n'est que j'ai reçu au début de mars 2006 une lettre me contraignant à répondre à une offre d'emploi de 3 mois à raison de 2 heures d'enseignement par semaine sur la base de 13 euros nets de l'heure alors que le Rectorat emploie des vacataires payés sur la base de 35 euros bruts de l'heure et qui sont contractualisés au bout de 200 h.
Pourtant, le Recteur de l'Académie de Nice avait assuré ne pas avoir les dotations budgétaires nécessaires pour continuer à employer des profs non titulaires jugés trop coûteux et à les contractualiser ce qui a amené Jean-Pierre Laugier du Snes Nice à dénoncer une "tromperie" sur ce blog des Non Titulaires de l'Education Nationale.
En ce qui me concerne, les luttes politico-syndicales ne m'enchantent pas mais tout ce que je constate c'est qu'à l'heure où entre en vigueur la loi sur "l'égalité des chances", je me retrouve devant le mur du chômage sans aucune porte de sortie apparente car je suis quadragénaire, surdiplômée et trop expérimentée.
Je n'irai pas par tempérament réagir à la façon de Nicolas Vilpail mais sachez que son geste traduit un profond désespoir que beaucoup de professeurs non titulaires ressentent face à la brutalité de la politique actuelle de l'Education nationale à l'égard de ses serviteurs non titulaires qu'elle s'est empressée de condamner au chômage sans égards, sans préavis et avec une amnésie déconcertante quant à leur ancienneté.
Croyez-vous que de telles méthodes de gestion des ressources humaines au sein de l'Education nationale soient dignes de l'esprit de notre République française?
Je vous prie d'engager un dialogue constructif et de relayer notre cause auprès des membres de l'actuel gouvernement et de la majorité parlementaire à laquelle vous appartenez afin de réparer l'injustice faite aux centaines d'hommes et de femmes vivant la même situation d'exclusion sociale que moi.
D'avance merci.
PS : Le rédacteur de ce blog dispose de mes coordonnées et je l'autorise à vous les communiquer pour attester de la véracité de mon témoignage.
Écrit par : Prof non tit au chômage | 03.04.2006
Votre situation est exactement la mienne: 40 ans, surdiplômé, recruté par l'éducation nationale dans des collèges et lycées pendant plusieurs années, toujours bien noté et apprécié.............mais viré en septembre 2005 (Le jour où Derobien m'a souhaité par courrier une bonne rentrée scolaire) avec une reconversion qui relève du système "D".
Quel cynisme..!! .quel gâchis!.............enfin bon courage.
Écrit par : titi | 04.04.2006
Exploité par l'éducation nationale pendant 5 ans en tant que contractuel je suis au chômage depuis septembre 2005, un malheur n'arrivant jamais seul je suis en prise avec le fisc pour des rappels de salaires que me devait le rectorat depuis quelques mois, normalement je ne suis pas imposable mais avec le systéme d'imposition annuel je me retrouve a devoir payer plus de 2000 euros d'impôts sur le revenu car le rectorat a versées une partie de mes salaires de 2004 en 2005 et donc je me retrouve a devoir subir les erreurs de l'EN qui ne respecte même pas le droit du travail. Quelle ironie et surtout quelle injustice, un beau cadeau de licenciement sans doute, un prof non tit en colère
Écrit par : un prof non tit en colère | 04.04.2006
Demain (jeudi), Jean-Michel Aphatie reçoit François Fillon, dans son émission matinale, sur RTL.
http://blog.rtl.fr/rtl-aphatie
http://www.rtl.fr/radio/emission.asp?dicid=144228
Dans l'émission, "L'invité de RTL" (le matin)
La lettre lui a été transmise...
Écrit par : gerard | 05.04.2006
Monsieur François Fillon,
la critique politique ne m'intéresse et de toute façon, je n'en ai pas le niveau. Lutter aux côtés d'un syndicat (plus qu'un autre) contre les politiques ne m'intéresse pas non plus. J'aime le concret (un des principes de base de ma discipline, les SVT). Eh oui, je suis un enseignant qui suscite l'intérêt des élèves pour la matière, la vie, le fonctionnement de la Terre, de la société en s'appuyant sur le concret ou en utilisant le concret comme situation déclenchante ...
Je suis donc enseignant : j'ai mon bac, j'ai mon Deug, une licence et même une maitrise. J'ai aussi suivi une préparation au capes (externe et interne) et à l'agrégation. J'ai été admissible au capes (externe et interne).
J'ai donc enseigné, pendant presque 5 ans. En collège, en ZEP, en lycée ( des 1ère ES à préparer pour l'épreuve du bac anticipée), auprès d'élèves de segpa. J'ai aussi suivi une formation pendant 3 ans, mise en place par l'inspecteur d'académie (un dispositif de suivi pédagogique des enseignants remplaçants). J'ai donc été "noté", on va dire évalué. Par des chargés de mission (c'est leur titre, en fait des formateurs) et aussi par l'inspecteur d'académie en personne. Il en ressort 4 évaluations positives à très positives. Et je peux vous dire que je suis bien fier du rapport réalisé par l'inspecteur d'académie sur ma façon d'enseigner. Pour un (très) jeune enseignant, contractuel de surcroît, je suis conforté dans mon choix d'une vie, celui d'être enseignant.
Malheureusement, malgré un certain nombre d'effort (notamment financier, en particulier de la part de mes parents, qui en fait avaient des moyens bien modestes), malgré le temps passé dans la préparation du concours (capes et agrégation), je n'ai pas le beau diplôme, celui qu'on encadre.
Et, le concret, j'y reviens, c'est que je suis maintenant au chômage depuis juillet 2005. Croyez moi, la carte de chômeur, je ne vais pas l'encadrer. Sans un coup de téléphone, sans un courrier, sans un mot de la part du rectorat.
J'ai accepté les conditions de l'enseignant remplaçant, jusqu'à faire des heures supplémentaires d'accompagnement d'élèves, non payées ... parce que j'aime ça.
Mais, s'il vous plait, signalons clairement aux étudiants qui décident de prendre la voie de l'enseignement qu'il n'y a qu'une solution pour être un enseignant, reconnu. C'est d'avoir le concours. Et qu'aux concours, certains taux de réussites avoisinent les 5 à 10 %.
Pour que ces étudiants n'aient pas honte un jour de dire à leurs parents qu'ils sont au chômage ... et que l'argent qu'ils ont dépensé pour payer leurs études n'a servi à rien !
Bon courage à ceux qui, comme moi, avaient trouvé un métier dans lequel ils s'épanouissaient et qui connaissent maintenant la morosité du chômage
stéphane
Écrit par : stéphane | 11.04.2006
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