11.04.2006
L'interview de Raphaël, pour l'ADDSP
- Avec une telle association, je ne peux même pas vous demander l'explication de son sens ! Tout est dans le nom, L'Association de Défense des Droits des Salariés Précarisés, puisque, désormais, actualité oblige, les Français, et les autres, savent ce que signifie la précarité ... ! Mais, justement, à votre avis, est-ce qu'ils savent vraiment ce que signifie être précaire ? Est-ce qu'un Dominique de Villepin, selon vous, mesurait ce qu'il était en train de faire, avec son CPE... ? Sans parler du CNE qui est en vigueur ?
R : J'ai encore du mal à voir si ces mesures ont été pensées dans un but honnête, mais mal cadré, fait à la va vite, pour dire de proposer quelque chose, ou s'il sagit d'une entente avec le Medef pour exploiter encore plus les précaires. J'espère encore que c'est la première solution qui est la
bonne...mais manifestement, les politiques ne sont pas du tout au fait de la réalité, s'ils sortaient de leur bulle, peut être verraient ils ce qui se passe en bas...
- Depuis quand, qui et pourquoi (le ou les premiers motifs de départ), l'association a t-elle été crée ?
R : Tout a débuté lorsque notre Directeur régional nous a expliqué en octobre 2005 ce qu'il se passait à notre insu dans la société d'animation pour laquelle nous travaillions. Il en était dégoûté, et a décidé de nous en informer parce qu'il trouvait ces agissements inadmissibles. Il a depuis demandé la résiliation judiciaire de son contrat de travail avec cette société. Nous nous sommes réunis (nous, des animateurs d'Annecy et le Dir. Régional) pour nous mettre d'accord sur ce qu'on allait faire : demander réparation aux prud'hommes, peut être aller plus loin...et surtout créer une association pour permettre à toutes les personnes qui sont dans notre cas de pouvoir obtenir réparation et de pouvoir se porter partie civile, quelle que soit la société coupable. En janvier 2006, nous sommes montés à Paris au siège de l'Urssaf pour témoigner et déposer nos pièces .L'association est
née peu de temps après, le 22 février 2006, à Annecy, ce sont les animateurs de Rhône-Alpes qui se sont soulevés en premier, et nous tendons la main aux autres, nous leur montrons que l'on a des droits et que nous avons le droit et le devoir de les faire respecter. Notre première réunion d'information s'est tenue le 31 mars à Lyon, et une cinquantaine de personnes étaient présentes.
- Avez-vous déjà soutenu des luttes ?
R : Je n'ai jamais vraiment été engagé dans un mouvement, c'est une première pour moi.
- Vous savez que vous ne pourrez pas aider, de manière directe, les non-titulaires de l'Education Nationale,puisque notre employeur, l'Etat, est intouchable, au-dessus des lois, enfin, presque...
R : Nous ne pouvons effectivement pas vous aider directement, mais le fait de diffuser l'information concernant les uns ou les autres fait réagir les auditeurs, il faut faire du bruit pour être entendu, nous pouvons créer un grand mouvement de tous les précaires, quel que soit leur milieu de travail. Pour ma part, je suis dans les deux cas : salarié précaire du privé et contractuel dans l'EN !
- Une amie, qui roule du bon côté de l'ornière, m'a un jour dit : il y a ceux qui prennent, et ceux qui sont pris (sur le plan économique). Elle est fonctionnaire... Que pensez-vous de ce genre de déclaration, d'idée, d'état d''esprit ? Est-ce que le principal problème des salariés précarisés ne provient pas du manque de solidarité des travailleurs entre eux ?
R : Le principal problème, à mon avis, est la mauvaise répartition économique. Je conçois qu'il y a des gens qui ont des responsabilités, on doit leur verser un salaire en conséquence, ni plus ni moins ; par contre, ce que je trouve inadmissible, c'est l'exploitation qui est faite des catégories les plus vulnérables : pourquoi ne pas rehausser le salaire minimum, tout en abaissant un peu les salaires qui atteignent des sommets ?!
12:22 Publié dans Actions juridiques, Avec qui luttons-nous ?, Debats sur la Polis | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
La planête étant trop peuplée, il se met en place une selection par l'économie, et voilà tout. C'est révoltant ? Ma foi, révoltez-vous, qu'est ce que vous voulez que je vous dise ... Et si vous en doutez, même en se contentant du quid, on en obtient la confirmation...
Écrit par : edgfhb | 11.04.2006
Il y a des lois qui ne sont pas respectées, et personne n'est sensé ignorer la loi, qu'il soit puissant ou misérable.
Quel que soit le milieu professionnel, si l'employeur ne respecte pas ces lois, il convient de rétablir la justice avec les outils à notre disposition, et vous serez étonnés du résultat quand on se donne la peine.
Se complaire dans la situation actuelle et l'accepter par dépit, voilà une drôle de façon de vivre...
Écrit par : Raphaël | 11.04.2006
Raphaël, de toute façon, vous connaissez le pays dans lequel vous habitez, vous savez que, dans ce pays, il y a des RG qui travaillent pour ce gouvernement avec zèle -et contre lesquels il faudra sans doute mettre en oeuvre une sélection sociale et politique, le jour où nous pourrons faire une "révolution" dans ce pays-, mais aussi de bons fachos, et encore des individus qui, travaillant dans le privé, perçoivent des revenus compris entre 4500 et 15000 euros mensuels, etc..., toute une clique d'individus qui planent et qui en viennent à penser que les relations humaines peuvent être pensées, interprétées, et même réalisés, par "la sélection"... Ces gens-là nourrissent le terrain d'une future guerre civile, bien méchante, et ce jour-là, pas sélectionnés par les méchants qui frapperont fort, ils pleureront, et sur leurs drames, et sur leurs "idées" de m....
Écrit par : gerard | 11.04.2006
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