15.04.2006
"Plaisir d'apprendre ?", une série, vos remarques, commentaires - pour une réforme de l'Education Nationale
Dans "Libération", vous pouvez lire un intéressant article de Marie-Joëlle Gros, consacré à la série diffusée par France 2.
"Grégory reste muet aux questions répétées de la maîtresse : «Tu peux nous dire ce qu'est un extrait ? Dis ? Tu es où là, Grégory ? Tu écoutes ?» Les mains du garçon viennent cacher sa bouche, le visage chavire, des larmes coulent sur les joues. A chacun ses mauvais souvenirs d'école. Comme si les larmes et les humiliations étaient fatalement inscrites au programme. D'après l'OCDE, les écoliers français sont les plus stressés du monde, et leurs performances, franchement médiocres. Beau palmarès. Christophe Nick et Patricia Bodet, les réalisateurs des Chroniques de la violence ordinaire, ont choisi de poser leurs caméras dans quatre écoles aux méthodes radicalement différentes. Plaisir d'apprendre ? est le premier volet d'une série de trois documentaires, tous filmés «à hauteur d'élèves». Visiblement, les équipes de tournage ont su se faire discrètes. Elles ont assisté à la rentrée 2005 et se sont fondues dans le décor pendant deux mois, jusqu'aux vacances de la Toussaint. A l'heure où l'école fait tellement débat, sans doute parce que les parents en attendent énormément, ces trois films rappellent l'essentiel : les choix éducatifs sont avant tout des choix de société. Transmettre des savoirs, c'est le rôle de l'enseignant. Mais comment fonctionne la courroie de transmission ? En réalité, peu d'enseignants acceptent de montrer ce qui se passe dans le huis clos d'une salle de classe, porte fermée. A chacun sa méthode, son style, et pas de compte à rendre. Ceux-là ont joué le jeu.
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«Laxisme dangereux». Sylvain, à l'inverse, s'appuie sur la spontanéité des enfants. Dans sa classe de ZEP, située dans un quartier difficile de Montpellier, les CM2 épaulent les CP, tous les niveaux sont mélangés et chacun est invité à prendre la parole, à argumenter au cours de «discussions philosophiques» stupéfiantes. Sylvain est un militant de la méthode Freinet. Il met également en pratique les travaux récents des chercheurs en sciences de l'Education. Et sa classe a un niveau supérieur à la moyenne nationale. Raconter cela, c'est déchaîner systématiquement les foudres d'une majorité de parents persuadés que les élèves doivent apprendre «à la dure», qu'il n'y a pas de meilleure attitude que celle du maître autoritaire et magistral, le reste n'étant que l'expression d'un laxisme dangereux. Les images anéantissent ce genre de propos. Les élèves de Sylvain ne sont pas tétanisés d'angoisse, mais vivants, autonomes et respectueux de règles qu'ils ont contribué à édicter. C'est à se demander pourquoi l'Education nationale s'acharne à mépriser les pédagogues. L'Institution veille à les maintenir à la marge, ou leur réserve les cas les plus difficiles, comme s'ils étaient les pompiers du système. Pour Christophe Nick, «l'exigence de réussite plonge les parents dans une angoisse telle qu'ils en sont réduits à réclamer toujours plus de notes et d'évaluation. Et les enseignants répondent à cette pression, qui évite de se remettre en question. Il existe de fait une vraie complicité entre parents et enseignants, sur le dos des élèves».
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Les professeurs non-titulaires ont-ils seulement pour ambition de rentrer dans un système dont ils ont pu mesurer les carences, les erreurs, les dysfonctionnements, parfois même les injustices ? Ou bien voulons-nous contribuer à réformer l'Education Nationale, après avoir fait une tabula rasa... ?
10:38 Publié dans Dans les médias, Debats sur la Polis, Document, Reformer l'Education Nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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